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Photojournalisme - Mémoire collective et photographie [févr. 07]

Dali sculpteur [févr. 07]

Le marché de l'art français reprend des couleurs en 2006 [févr. 07]

Londres, capitale européenne des ventes aux enchères [janv. 07]

 

Photojournalisme - Mémoire collective et photographie [févr. 07]
 
Le marché du photojournalisme est en pleine effervescence avec un produit de ventes en progression de 250% en 10 ans ! Cet engouement se manifeste avec force aux Etats-Unis, en France et en Grande-Bretagne. Le photojournalisme a longtemps été considéré comme une pratique annexe au champ de l'art, de même que la photo scientifique ou ethnographique. Depuis les années 50, il a pourtant gagné ses lettres de noblesse via le World Press Photo, qui récompense chaque année les meilleures photographies de reportage, et via les diverses expositions qui ont validé leur valeur de témoignage et leurs qualités esthétiques. Les plus grands photo-reporters dont Cecil BEATON, Henri CARTIER-BRESSON, Robert CAPA, Raymond DEPARDON, Robert DOISNEAU, Walker EVANS, Dorothea LANGE ou Marc RIBOUD, ont témoigné de leur temps en saisissant des images sensibles dont le poids culturel est indéniable. A la valeur iconique des clichés et à l'engagement des photographes s'ajoutent généralement des considérations d'ordre esthétique (ultra définition de l'image, importance du cadrage, etc.) qui ont contribué à leur entrée dans diverses institutions culturelles.
 
Aux Etats-Unis, Walker Evans et Dorothea Lange, engagés par la Farm Security Administration durant le New Deal, ont magistralement témoigné de la misère rurale des années 30. Ils affichent une cote plus gonflée que celle des français et une ascension étonnante : la cote de Walker Evans a pris plus de 100% depuis 2005 et celle de Lange 200% depuis 2004 ! Le cliché le plus coté de l'histoire du photojournalisme est White Angel Bread Line de Lange, saisissant la situation alarmante de la crise américaine de l'entre-deux-guerres. Le 11 octobre 2005, la maison Sotheby's NY adjugeait l'épreuve 720.000 dollars (près de 600 000 euros). Le même sujet était proposé lors de la vacation Phillips, de Pury & Company NY du 19 octobre dernier mais le tirage daté vers 1955 n'a pas réitéré l'exploit et partit pour une estimation haute à 45 000 dollars (35 897 euros). Jusqu'alors, l'enchère la plus élevée de la photographe n'était que de 120.000 dollars pour Migrant Mother, Nipomo, California (22 octobre 2002, Christie's NY).
Ces adjudications records ne doivent cependant pas masquer le fait que 50% en moyenne des clichés (tirages tardifs) de Lange et Evans sont accessibles pour moins de 5 000 €.
 
L'américain d'adoption Robert Capa, qui fonda l'agence Magnum avec Cartier-Bresson, David Seymour et George Rodger, fut armé de son appareil photographique lors de la Guerre civile espagnole de 1936. Sur place, il a saisit sur le vif La Mort d'un soldat républicain, cliché qui fit le tour du monde pour devenir le symbole de cette guerre dans la mémoire collective. Malgré la notoriété de ce cliché, ses tirages postérieurs sont souvent ravalés. Les amateurs sont extrêmement sélectifs et préfèrent débourser entre 5 000 et 10 000 € pour un tirage d'époque plutôt que d'enchérir sur un tirage tardif qui perd la consistance historique du sujet.
Deux ans plus tard, Capa couvre la seconde guerre sino-japonaise pour Life, puis le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944. Auprès des soldats, il a réalisé 119 clichés dont 108 furent détruits par la maladresse d'un laborantin de Life. Les maisons de ventes proposent régulièrement des épreuves du D-Day tirées entre 1960 et 1990. Celles-ci qui trouvent preneurs entre 3 000 et 7 000 € en moyenne. Etrangement, les enchères records de Capa ne sont pas détenues par des clichés témoignant de son engagement journalistique mais par deux autoportraits réalisés vers 1938 qui triplèrent leur estimation pour s'envoler entre 15 000 et 17 000 € en avril 2003 (Phillips, De Pury & Luxembourg, 25 avr. 2003, New York).
 
Les prix de Cartier-Bresson ont amorcé une très nette progression depuis son décès en 2004. De nombreux amateurs se sont rués sur ses photos, si bien que le nombre de clichés invendus en ventes publiques est passé de 50% en 2002 à 10% en 2004. Si la majorité des transactions s'effectue dans une fourchette de 1000 à 5000 euros, les ventes de 2005 ont confirmé sa place dans les résultats records : Christie's adjugeait On the banks of the Marne pour 110 000 dollars le 10 octobre 2005 (90 827 euros). La photo témoigne d'une scène pittoresque, un pic-nic au bord de la Marne, et reflète les mutations de la société française des années 1930. Le cliché date de 1938, soit deux ans après les premiers congés payés. Le tirage est pourtant postérieur (vers 1955) et les amateurs, exigeants dans ce domaine, recherchent en priorité les tirages vintage des années 30-50. La cote s'effondre pour un retirage des années 70 et 80 : comptez alors entre 4 000 et 7 000 euros. Luxembourgeois émigré aux Etats-Unis, Edward Steichen fut directeur de la photo aérienne des forces alliées pendant la première guerre mondiale. Cependant, ses travaux portent essentiellement sur les portraits de personnalités (Garbo, Churchill, etc.) ou des mises en scène. Plébiscité par les américains, la majorité de ses œuvres s'échangeaient entre 1000 et 10 000 euros avant la hausse amorcée en 2005 (+240%). Le 14 février 2006, son Balzac de Rodin culminait à 550 000 dollars, signant son nouveau record (462 330 euros chez Sotheby's NY). Ses photogravures suscitent moins d'enthousiasme. L'amateur peut acquérir ces " morceaux d'histoire " pour moins de 1000 euros.
Aujourd'hui, la porosité des frontières entre reportage et photographie " artistique " s'est enrichit de quelques plasticiens s'intéressant de prêt au terrain journalistique. Citons par exemple : Sophie Ristelhueber, Paul Seawright ou encore Jean-Luc Moulène. Source © Artprice.com
 
Dali sculpteur [févr. 07]
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La naissance du surréalisme correspond à l'émergence de la psychanalyse freudienne dans les années 20. Quelques artistes s'interrogent sur l'inconscient et se proposent " d'exprimer le fonctionnement de la pensée " selon les termes manifestes d'André Breton, le mentor du groupe. En 1924, année fondatrice du mouvement, Breton s'intéresse aux objets tridimensionnels et propose de fabriquer " des objets que l'on aperçoit qu'en rêve ". Six ans plus tard, Dali applique sa propre méthode paranoïa critique à la construction d'objets, créant de nouvelles images délirantes, totalement surréalistes !
Le marché de Salvador DALI est d'une rare densité : sur l'année 2006, près de 900 œuvres de l'artiste ont été proposées aux enchères dont plus de 370 sculptures ! Le marché est ainsi inondé par ses sculptures autant que par ses gravures. Pour opérer le bon choix, l'amateur doit être attentif au nombre d'exemplaires tirés, à la qualité de la fonte et à sa date. La majorité des sculptures de Dali sont réalisées en bronze et le nombre de tirages pour une même œuvre détermine en grande partie son prix : la rareté de l'œuvre accroît son appréciation. Traditionnellement, les sculptures sont tirées à 8 exemplaires, mais certaines sont produites à 300, voire à plus de 400 exemplaires ! La cote chute pour ces gros tirages, d'autant qu'ils s'avèrent souvent être des fontes tardives. Le collectionneur s'oriente en priorité sur les fontes du vivant de l'artiste (antérieures à 1989), qui offrent une patine plus riche et plus nuancée que les fontes récentes. Il appuie aussi son choix sur la notoriété du fondeur, Valsuani en tête. En fonction de ces critères et de la dimension de l'œuvre, les sculptures affichent une amplitude de prix abyssale, qu'il est possible d'illustrer avec le sujet le plus connu de la sculpture Dalinienne : sa vision paranoïa critique de la Vénus de Milo.
 
Dali détourne la Vénus de Milo en 1936 en donnant une interprétation au premier degré de Freud qui évoque " les tiroirs de l'âme humaine ". Il multiplie les jeux surréalistes avec ce sujet et sa version la plus célèbre est une Vénus antique dont le corps est affublé de tiroirs à pompons. Dali en réalise de différentes tailles, dont la plus petite version (environ 20 cm) s'échange entre 1 500 et 2 000 € en ventes publiques. Pour une version un peu plus grande (environ 35 cm), tirée à 499 exemplaires, il faut compter entre 3 000 et 5 000 € en moyenne et tripler cette fourchette d'estimation pour le même sujet de 70 cm environ réalisé par la fonderie Valsuani à 99 exemplaires (citons par exemple la vente cannoise orchestrée par Kohn en août 2006). Plus rare, une fonte à la cire perdue de Valsuani limitée à 8 exemplaires, de 114 cm de hauteur, s'échange entre 70 000 et 120 000 € ! Outre l'impact de la dimension de l'œuvre sur la cote, les qualités intrinsèques de la pièce sont fort heureusement incontournables. Ainsi, une Vénus aux tiroirs de moins d'un mètre décrochait plus de 330 000 € en décembre 2000 (adjugée pour 200 000 £ chez Sotheby's Londres le 4 déc.) : les enchérisseurs furent séduits par l'ancienneté de la fonte (1964) et par les finitions peintes qui lui donnait un caractère singulier.
 
Les sculptures de Dali sont moins cotées que ses peintures : ses huiles ont en effet franchi le seuil du million de dollars a dix-huit reprises en ventes publiques (dont deux fois sur l'année 2006), tandis qu'aucune sculpture n'a atteint cette somme aux enchères. Ce sont généralement les pièces monumentales qui remportent les plus fortes adjudications comme Newton de Gala de près de 4 mètres, dispersée pour 400 000 $ le 5 novembre 2002 chez Sotheby's NY (401 040 €) ou le Rhinocéros habillé en dentelle, de dimension similaire, qui partait pour 3,1 millions de Frs en 2001 (soit l'équivalent de 472 592 €, chez Kohn à Deauville). Sur l'année 2006, sa sculpture la plus chère a flirté avec les 100 000 €. Il s'agit d'un Minotaure (1981) fondu par Valsuani à 8 exemplaires (146cm, 68 000 £, soit plus de 99 000 €, 8 fév.2006, Sotheby's Londres). La cote de cette œuvre a été appréciée de plus de 100% en 10 ans : cette même fonte Valsuani était adjugée pour 290 000 Frs (44 000 € environ) en 1997 par l'auctionner cannois Kohn. Source © Artprice.com
 
Le marché de l'art français reprend des couleurs en 2006 [févr. 07]
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Ecartée de la croissance du marché de l'art en 2002 - 2004, la France s'épanouit enfin. Le produit des ventes a progressé de +42% cette année pour atteindre 330 millions d'euros, avec en parallèle une hausse du volume des ventes de +14%. Les prix ont augmenté de 9% sur douze mois, mais restent toujours à 40% en deçà de la valorisation de 1990.
Mais malgré ces très bons résultats, la France continue à perdre des parts de marché devant la montée de la Chine et le poids des prestigieuses ventes new-yorkaises de Sotheby's et Christie's. Elle ne détient plus que 6,5% du produit des ventes mondiales. La pression internationale est des plus forte car en la seule vente " Impressionist & Modern Art " du 8 novembre dernier, en 78 lots, Christie's a réalisé 491 millions de $ de chiffre d'affaires (385 millions d'€), soit plus que toutes les vacations françaises de Fine Art réunies. En Chine, lors de ses deux ventes d'art du 22 et 23 novembre 2006, China Guardian a enregistré l'équivalent de 31,5 millions d'euros de chiffres d'affaires en Fine Art, soit plus que la vente d'art moderne et impressionniste de Christie's Paris du 1 décembre, au cours de laquelle a été signé le plus important produit de ventes en France depuis 8 ans. La seconde plus importante vente française de l'année revient à la maison Claude Aguttes, dont la vacation " Tableaux Impressionnistes et Modernes, Art Contemporain, Photographies " du 20 décembre a rapporté 13,6 millions d'€ (hors frais), avec une enchère haute de 3,6 millions d'€ pour Homard et chat sur la plage, une toile de Pablo PICASSO.
 
A Paris, en 2006, 13 enchères de Fine Art ont atteint le million d'euros, contre 3 en 2005. La plus élevée revient à une toile d'Henri MATISSE, Jeune Fille au Anémones sur Fond Violet, adjugée 4,6 millions d'€ chez Christie's le 1er décembre. Plusieurs de ces résultats exceptionnels sont directement issus de l'émulation américaine, à l'image du record de 2,25 millions d'€ pour la toile de Joan MITCHELL dispersée chez Artcurial le 28 octobre 2006, ou encore des 1 ,9 millions d'€ pour Eiffel Tower, une œuvre de collaboration entre Andy WARHOL et Jean-Michel BASQUIAT vendue le 17 mai chez Tajan. De très bons résultats ont été obtenus au cours des ventes d'art contemporain, ce segment étant usuellement très porteur en période de croissance. Parmi les plus exceptionnels résultats, notons les 1,06 millions d'euros décrochés par Pierre SOULAGES en juillet chez Sotheby's Paris pour une toile de 1959 estimée 300 000 - 400 000 €, emportée par un collectionneur français sur un américain. De même, un inattendu coup de marteau à 250 000 € est tombé pour une œuvre monumentale de Hervé TELEMAQUE estimée 40 000 - 60 000 € chez Christie's. Côté photo, BRASSAï a signé son record le 3 octobre dernier pour un seul cliché intitulé Pavés (1931), vendu 85 000 € par Million & Associés. Source © Artprice.com
 
Londres, capitale européenne des ventes aux enchères [janv. 07]
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Traditionnellement, en février, c'est à Londres que s'organise la véritable rentrée des ventes publiques européennes avec d'importantes vacations orchestrées par Sotheby's et Christie's.
Le bal des enchères ouvrira par la vente " Impressionist & Modern Art " de Sotheby's du 5 février avec 54 lots dont pas moins de 6 œuvres de Claude MONET, deux danseuses d'Edgar DEGAS ou encore deux toiles de Paul GAUGUIN. Gauguin était à l'honneur l'année dernière chez l'auctioneer avec les Deux Femmes - La Chevelure Fleurie qui a décroché 11 000 000 £ le 7 février 2006. Cette année, le clou de la vacation est une œuvre majeure d'Auguste RENOIR, Les Deux sœurs, estimée entre 6 et 8 millions de £. Le lendemain, Christie's proposera aux enchères, entre autres chef-d'œuvres, pas moins de 7 Pablo PICASSO, 4 Auguste RENOIR, 2 Amedeo MODIGLIANI et 2 huiles signées Egon SCHIELE. L'œuvre phare de la vente est la Prozession de Shiele réalisée en 1911 et estimée 5-7 millions de £. Choisie pour la couverture du catalogue, elle promet une belle bataille d'enchères car la cote de l'artiste est au plus haut, forte de deux adjudications à plus de 15 millions d'euros décrochées en 2006. Le même soir, Christie's dispersera 45 œuvres surréalistes. René MAGRITTE sera à l'honneur de cette vente avec 10 œuvres, dont l'huile de 1961 intitulée Le Prêtre marié, estimée 2-3 millions de £. La cote du surréaliste affiche une progression de +120% sur les quatre dernières années.
 
La surprise pourrait venir des ventes d'œuvres plus actuelles. Le 8 février Christie's devrait orchestrer l'une de ses plus grandioses ventes d'art contemporain londonienne. En 78 lots, la maison de vente espère décrocher près de 40 millions de £ de produit de ventes. Elle va notamment disperser la collection Tettamanti, composée d'œuvres majeures de Cy TWOMBLY, Roy LICHTENSTEIN, Sigmar POLKE et Gerhard RICHTER. Par ailleurs, sera présentée Study for Portrait II de 1956, qui est la toile la plus importante de Francis BACON jamais apparue aux enchères. Plusieurs peintures d'Andy WARHOL du gabarit de celles que l'on retrouve usuellement à New York, seront aussi présentées à Londres. Notons un portrait de Brigitte Bardot estimé 1,5 - 2 millions de £, une toile de 1963 intitulée Three Women proposée pour 2,5 - 3,5 millions de £ et un Dollar Sign pour 1,5 - 2 millions de £. Chez Sotheby's, le 7 février, c'est un autre américain, Roy LICHTENSTEIN qui sera la tête d'affiche de la vacation " Contemporary Art, Evening Sale ", avec Still Life with Oysters, Fish in a Bowl and Book, une toile de 1973 estimée 2 - 3 millions de £. D'autres œuvres américaines importantes seront proposées dont 3 Jean-Michel BASQUIAT , 7 Warhol et 1 Willem de Kooning (Willem KOONING de). La Chine sera représentée par ZHANG XIAOGANG, ZHAO WUJI, et Pei-Ming YAN ; l'Inde par Anish KAPOOR. Ces ventes prestigieuses sont à l'image l'internationalisation du marché et soulignent la volonté des auctioneers de faire de Londres la plaque tournante du marché européen. Source © Artprice.com
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