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Marie Gauthier |
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À l'ombre des plis, à fleurs des murs Dans cette nouvelle série d'oeuvres, Marie Gauthier lève le voile sur l'espace intime. Les pièces textiles marouflées sur toile ont double vocation, elles valent à la fois comme support et comme procédé génératif de l'image. |
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La démarche picturale se trouve
écartelée entre deux mouvements, l'un consiste à s'approprier l'espace
des motifs originels du tissu, l'autre vise à s'en dégager. Le travail
oscille entre capture de la forme et métamorphose, soumission au réel
et défiguration. L'objet ainsi malmené annexe l'espace de sa trame géométrique,
de ses arabesques florales, de sa touche colorée mais se trouve replié
dans les limites de la frise, de la bordure ou du coin, repoussé par
le surgissement d'un monde fantasmatique. Les lignes obliques et la
densité des motifs créent une tension pour que s'ouvre une brèche sur
l'imaginaire. Parfois adossés l'un à l'autre, les deux univers s'éprouvent
dans une lutte de territoire, où parfois se mêlent. Les fleurs des murs,
rouges de désir, ou bleues du murmure de la peur, emplissent l'espace
intérieur.
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| Des portes, des fenêtres, sont des lieux de l'inspiration, aspirent vers l'orient de l'infini céleste, fugue loin du silence de la soie, glissement hors de la tessiture textile, évasion des rets de la toile. Des silhouettes informes se dérobent, drapés dans des plis translucides. Mais le voile dissimule moins qu'il ne montre ; les carnations roses sont plus nues que la chair dans le miroir. Cachemire voile et dévoile, confine en ses plis et déplie, esquive et livre aux volutes les secrets de la chambre, vibrations séculaires de l'art pariétal. Françoise Caille, historienne d'art, ( mai 2003 ) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
*Henri Michaux, Paix dans les brisements, 1959, extrait de L'espace du dedans, Paris, Gallimard, 1966, p.365. |
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Propriété intellectuelle : Rappel de l'Article L. 122-4 ( loi française du 11 mars 1957 )